Le point fondamental: la distinction Essence / personnalité (PARTIE 1: L’ESSENCE)

Le point fondamental de l’enseignement de la Quatrième Voie, et donc de l’Ennéagramme, est la distinction entre l’Essence et la Personnalité.

Il s’agit là d’une distinction universellement reconnue que l’on retrouve sous différentes appellations :

  • Dieu / le monde ;
  • le Soi / le moi ;
  • l’Être / l’ego ;
  • aham / ahamkara ;
  • moi profond / moi usurpateur dans le soufisme,
  • nouvel homme / vieil homme qui doit mourir, dans le christianisme,
  • le « visage originel » du zen,
  • etc.

Lorsqu’il naît, un enfant est « Essence », il est un point lumineux dans l’espace, sans limite de perception. Il est totalement perméable, et il irradie la lumière qui provient de son être.

Il suffit de regarder les yeux d’un nouveau-né, ou de certains enfants, pour s’en convaincre.

Il n’a pas de « filtres ».

L’Essence est ce qui est « inné » en nous, ce que nous sommes en profondeur, derrière tous les voiles qui obscurcissent notre conscience.

On peut la représenter par un « point », symbolisant ce point lumineux, ouvert, une étoile qui brille au firmament.

Progressivement, une personnalité va se construire, que l’on peut symboliser par un cercle :

Ce cercle va entourer et protéger l’Essence :

L’objectif est de nous permettre d’interagir en société, de s’adapter à ses contingences et en même temps de protéger l’Essence. Elle est « acquise » par adaptation et imitation.

Nous ne rejoignons pas ici la distinction “inné / acquis” de la psychologie moderne, car cette dernière ne reconnaît pas l’existence de l’Essence et nous réduit à notre personnalité qui se constitue:

– de l’hérédité, voire des schémas collectifs inconscients (familiaux, sociétaux etc.) que l’on appelle « inné » 

– et des acquisitions de l’enfant durant sa vie que l’on appelle « acquis ».

L’Essence n’est pas connue ou reconnue par la psychologie moderne qui se contente de comprendre et analyser le « reflet dans le miroir » qu’est la personnalité.

Nous venons au monde en étant totalement en contact avec l’Essence. Nous « Sommes », mais nous ne sommes pas « conscients que nous Sommes ». Cette construction de la personnalité, et la perte de contact (qui devrait être provisoire) qui en découle, et une condition sine qua none pour, en retrouvant ce contact avec l’Essence, devenir conscient de cette Essence.

Au même titre que l’on dit que “Dieu (l’Être Suprême) a créé le monde pour prendre conscience de Lui-Même“, on peut dire que l’Être que nous sommes, (l’Essence), créé une personnalité pour pouvoir prendre conscience de lui-même. Pour cela il faut Se perdre, puis Se retrouver.

C’est exactement le propos de la parabole du fils prodigue. La voici, quelque peu adaptée :

Un homme a deux fils. Cet homme est un éleveur, il élève des moutons. Il possède des terres et un troupeau, dont il tire sa subsistance, sans excès. Un jour, l’un de ses fils demande sa part d’héritage : il veut quitter le domaine et partir à la découverte du monde. Le père accepte. Le fils part et dépense progressivement l’argent reçu. Il a complètement oublié son père, sa famille, son domaine, il ne vit que pour le présent. Il jouit des plaisirs du monde et de la vie. Mais il se retrouve, au bout d’un certain temps, sans aucun sou : il a dilapidé l’héritage durement gagné par son père. Il commence à travailler pour gagner à son tour de l’argent, mais il s’aperçoit que ce n’est pas aisé. Il finit par se retrouver serviteur dans une maison de maître, travaillant très dur pour gagner juste à peine assez pour subsister.

Au bout d’un moment, il commence à ressentir de la nostalgie. Il se remémore sa vie auprès des siens, son père, sa mère, son frère, le travail à la ferme, une vie difficile mais riche de beaux moments. Il se rend compte à quel point il était bien mieux traité chez son père.

Il prend la décision de tout quitter et de partir en chemin pour rentrer chez lui. A la maison.

Au bout d’un périple incroyablement long, il arrive chez lui.

Ce « retour à la Maison » symbolise le retour à la connexion avec notre Essence.

Mais avec « quelque chose en plus » :

En effet, son père, le voyant arriver, s’en réjouit et demande qu’on tue l’agneau le plus gras pour fêter le retour de son fils cadet.

Le frère aîné est très surpris et mécontent. Il fait remarquer à son père qu’il tue le meilleur agneau, les privant ainsi d’un revenu conséquent, pour un fils qui les a abandonnés, alors que lui qui est resté et a travaillé deux fois plus durement n’a jamais eu droit à aucun traitement de faveur.

Le père répond : « Mon fils que voici était mort, il est revenu à la vie ; il était perdu, il est retrouvé »1

Revenons à la personnalité :

SUITE: “Le point fondamental: la distinction Essence / personnalité (PARTIE 2: LA PERSONNALITE)”

L’Essence: une Belle au bois dormant

1https://www.info-bible.org/legrand/4.9.htm

2https://saintebible.com/lsg/luke/22.htm

3https://bible.catholique.org/evangile-selon-saint-luc/3256-chapitre-17

4 Discours, 1ère série, n° 30 (trad. Tourraille, DDB 1981, p. 188 rev)

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