La fixation dans un type : Comment ? Pourquoi ? (Partie 4 : « Les 9 types de fixation »)

Suite de l’article “La fixation dans un type: Comment? Pourquoi? (Partie 3: L’état intérieur de nos gardiens)”

Les articles précédents tentent de donner une explication du processus d’identification à la personnalité suite à la perte de contact avec l’Essence, et donnent une ébauche de compréhension des causes extérieures et des causes plus profondes de ce mécanisme.

Cette situation, très néfaste sur le plan individuel, porte des conséquences dramatiques sur le monde, dont nous observons chaque jour les conséquences.

Les articles précédents expliquent, peut-être, pourquoi nous nous fixons dans un type, mais pas pourquoi nous nous sommes fixés dans notre type particulier.

Dans cet article et le suivant, nous verrons que les théories divergent quant aux raisons de la fixation dans l’un des 9 types. Pourquoi je deviens « perfectionniste » (type 1) et non « original »,(type 2) ou « jovial », type 7.

I) « 9 types de personnalité » ?

Il convient d’abord d’insister sur les termes exacts : il ne s’agit pas de « 9 types de personnalités », mais de « 9 types de fixations ». On pourrait dire « 9 types de compulsions qui nous amènent à nous fixer dans un schéma particulier et répétitif d’évitement». Cette nomination, plus laborieuse, reflète pourtant bien mieux la réalité du processus de fixation dans un type.

La personnalité est plus complexe, le nombre des « types de personnalités », si on peut toutefois le chiffrer, est bien plus vaste. Gurdjieff parlait de « 27 types de personnalités » de base et tentait d’avoir au nombre de ses élèves des représentants de ces 27 types. Cela afin de permettre un travail de connaissance de soi opératif, grâce aux « frictions » engendrées par ces relations.

On est déjà plus proche de la réalité, car les 9 types se subdivisent chacun en 3 sous-types en fonction de l’instinct dominant, ce qui nous donnent 27 colorations des 9 types. Tout cela sera abordé ultérieurement, mais les informations abondent sur internet et on peut déjà trouver beaucoup de développements à ce sujet.

La personnalité est mouvante, parfois adaptable, le caractère évolue au fil du temps, mais la structure est fixée. Le noyau dur autour duquel la personnalité se constitue reste fixe toute la vie. La personnalité semble évoluer au fil du temps, mais elle ne fait que développer des mécanismes d’adaptation aux situations. On ne change pas en profondeur (à moins d’un travail spécifique en ce sens), on enregistre des situations et des modes de réactions à ces situations qu’on adopte : on s’adapte.

Mais il suffit que l’on se retrouve dans une situation toute nouvelle, ou trop imprévue, pour se sentir à nouveau « sans arme », sans défense, et se rendre compte, si on est sincère, qu’en réalité, au fond, rien n’a changé. Puis on se jure qu’on ne nous y reprendra plus. On justifie notre réaction, jusqu’à la prochaine « ouverture » dans notre carapace.

Parce que notre « fixation » reste la même, et si on espère une réelle évolution, durable, profonde, authentique, c’est à ce noyau dur qu’il faut « s’attaquer ».

Ceci étant posé, venons-en aux causes possibles de la fixation dans l’un des types.

II) L’origine extérieure de la fixation

Certaines personnes affirment que la raison de notre fixation, non seulement dans la personnalité, mais aussi dans un type particulier, provient de notre éducation.

Pour commencer à esquisser un tableau des 9 fixations, je vais prendre un exemple concret pour chacun des 9 ennéatypes que nous décrirons succinctement. Ces types feront l’objet d’articles plus détaillés.

1) Type 1 : le perfectionniste

Le perfectionniste est tatillon ; il est à l’affût de la moindre imperfection, en lui et hors de lui. Et il ne se gêne par pour essayer de redresser ce tords. Il est souvent tiré à quatre épingles, parfois grammairien, reprenant votre moindre de faute d’orthographe, de conjugaison ou de grammaire. Il a une forte notion, peu nuancée, de ce qui est “Bien” ou “Mal”.

Il pense que si tous les autres pensaient et agissaient comme lui, le monde se porterait bien mieux.

Sauf qu’un « 1 » ne pense pas forcément comme les autres « 1 ».

Il cherche à coller à un modèle de perfection, mais le sien : celui qu’il a intériorisé.

Origine extérieure : selon cette approche, l’enfant devient « 1 » parce qu’il est soumis à une grande exigence de la part de ses parents, des ses professeurs etc. Il n’a pas le droit à l’erreur, alors il intériorise l’injonction de coller à un modèle de perfection, qui le suivra toute sa vie et réglementera toutes ses relations à lui-même et au monde, aux autres notamment. Il se sent aimé s’il colle à un modèle de perfection et fait ce qu’il croit être “bien”.

2) Type 2 : l’altruiste

L’altruiste réprime ses besoins, réprime tout égoïsme pour se mettre au service des besoins des autres. Il est « l’aidant ». Celui qui est toujours là pour vous, pour vous rendre service, même quand vous ne lui avez rien demandé ! Ce qui le rend parfois intrusif. Il manifeste en réalité une forme subtile d’égoïsme : le besoin aigu de reconnaissance ! Dont il est rarement conscient.

Origine extérieure : selon cette approche, l’enfant devient « 2 » parce qu’on ne l’a pas reconnu pour lui-même, mais pour son rôle dans la famille : s’occuper de sa petite sœur, de sa grand-mère, de son parent malade ou fragile, ou simplement parce qu’il aidait ses parents au domicile. Il n’avait pas sa place en tant qu’individu, mais pour l’aide qu’il apportait. Vrai ou pas, c’est exactement ce que ressent un “2” lorsqu’il commence à écouter son monde intérieur. Il se sent aimé s’il est reconnu pour son aide.

3) Type 3 : le battant

La battant est centré sur la réussite, et il est souvent prêt à tout pour l’obtenir. Même à écraser les autres, parfois subtilement et pas toujours consciemment. Véritable caméléon, il est prêt à tout pour s’adapter au groupe du moment et y briller par ses réalisations extérieures : résultats scolaires, sportifs, professionnelles, financières. Il refuse l’échec ! Et fait preuve d’une grande détermination vers ses objectifs, niant sa fatigue et ses besoins essentiels.

Origine extérieure : selon cette approche, l’enfant devient « 3 » parce qu’on lui a interdit d’échouer, parce que ses parents on mis une grande pression sur le fait qu’il réussisse, ou parce qu’il n’était reconnu que pour ses résultats (à l’école, au club de sport, dans ses réalisations personnelles etc.). Ou parce qu’un échec a été très mal reçu et qu’il s’est juré de ne plus jamais échouer. Il se sent aimé s’il réussit.

4) Type 4 : l’original

L’original se sent « spécial », différent des autres, plus sensible, plus profond, plus « authentique ». Il est convaincu de souffir plus que les autres, d’être un incompris. Souvent introverti, certains 4 sont au contraire très extravagants. Il a un côté artiste, profession qu’il exerce souvent, et toujours très créatif : il aime s’habiller de manière très originale, écorer avec goût sa maison, etc. Il est en quête d’émotions très intenses, et les vit entièrement, mais elles sont souvent contradictoires, tantôt exultant, tantôt déprimant.

Origine extérieure : selon cette approche, l’enfant devient « 4 » parce qu’il a été laissé de côté par ses parents, sa famille, voire « abandonné » selon son référentiel : parents absents, frères et sœurs trop grands qui le délaissaient, le dernier né non désiré, etc. Il a alors besoin d’attirer l’attention pour exister : en étant « spécial », en se démarquant du groupe. Il se sent aimé s’il est différent, original.

5) Type 5 : l’observateur

Solitaire, l’observateur se tient en retrait, il cherche un refuge au monde qu’il perçoit comme menaçant. Il se réfugie parfois physiquement , mais toujours mentalement : il observe le monde de loin, travers ses abstractions intellectuelles qui font office de barrières entre l’expérience sensible du monde et lui. Très discret, voire secret, ne parlant pas de ce qu’il fait, encore moins de ce qu’il vit, il est souvent un spécialiste pointu dans son domaine de prédilection, sa « niche », là où personne ne pourra le rejoindre.

.

Origine extérieure : selon cette approche, l’enfant devient « 5 » parce qu’il a eu une mère trop intrusive, parce qu’il n’avait pas son « espace intime », il n’avait pas sa place dans la famille tout en subissant des intrusions répétées. Il a alors dû se retrancher dans son esprit, dans ses abstractions mentales, pour se protéger de ces intrusions. Comprendre le monde lui permet de ne pas s’y aventurer. Il se sent aimé si on le laisse tranquille et s’il se sent compétent.

6) Type 6 : Le lâche / l’aventurier

Ce type plus complexe s’organise autour de deux réactions opposées : le mode phobique (la peur) et le mode contre-phobique (braver la peur). Il est parfois difficile de voir un 6 contre-phobique : c’est un casse-cou, qui se met volontairement en danger pour montrer qu’il n’a pas peur.

Le 6 phobique va ressentir plus précisément la peur et va éviter le danger. Le 6 est loyal, fidèle, serviteur dévoué à la personne ou la cause en qui il a confiance : qui lui donne un sentiment de sécurité qu’il sent ne pas avoir en lui-même. Il peut aller jusqu’au fanatisme pour ne pas être exclu du groupe et fait tout pour éviter la déviance par rapport à ce groupe, cette personne, cette cause qui détermine son sentiment de sécurité.

Origine extérieure : selon cette approche, l’enfant devient « 6 » parce que son environnement n’était pas sécurisant : sa mère n’a pas répondu lorsqu’il avait peur et pleurait de toutes ses forces, son père n’a pas soutenu son mouvement vers l’autonomie et n’a pas joué son rôle d’ouverture vers l’extérieur et de sécurisation. Il a grandi dans un environnement violent et dangereux. Il se sent aimé s’il appartient à un groupe, un clan, une figure d’autorité rassurante, à qui il se dévoue.

7) Type 7 : Le jovial

Toujours de bonne humeur, en apparence, le 7 aime se faire plaisir, profiter de la vie, jouir du moment présent. Il porte souvent un sourire compulsif, démontrant ainsi combien il est joyeux ; mais il n’est pas à l’aise avec la souffrance, la sienne et celle des autres. Il préfère la joie, le rire, la fête. Il a tendance à planifier sa vie, comment il doit vivre les choses, ce qu’il doit faire, comment il doit le faire, quand il doit le faire, projetant un oasis de bonheur à portée de main quand tel ou tel projet sera réalisé. Il est toujours à la recherche de nouvelles expériences de nouvelles sensations, d’excitation.

Origine extérieure : selon cette approche, l’enfant devient « 7 » parce qu’il a été confronté à une souffrance insupportable pour lui : la maladie, la mort, un parent ou grand-parent mourant, et surtout la rupture trop précoce avec la mère nourricière ; et il cherche alors constamment à fuir la souffrance et à la remplacer par le plaisir. Ou alors on lui a caché les formes de souffrance, le faisant vivre dans un monde de joies et de plaisirs sans le laisser éprouver la frustration, la difficulté, la douleur. Il se sent aimé s’il est joyeux et excité.

8) Type 8 : le chef

Personne entière, tranchée, leader, le 8 a tout d’un chef. Il peut être un très bon chef, mais également un tyran despotique. De ce fait il chercher souvent des positions hiérarchiques où il peut exercer ce pouvoir, et s’il ne le peut pas, il sera souvent vindicatif et revanchard envers ses supérieurs : il ne supporte pas l’autorité. Il fonce et n’écoute pas les signaux inverses : fatigue, faiblesse, maladie. Il est le protecteur de son clan, et certains 8 s’engagent dans des causes de défense de la veuve et de l’orphelin.

Origine extérieure : selon cette approche, l’enfant devient “8” parce qu’il n’avait pas le droit d’être faible; parce qu’il se faisait moquer lorsqu’il pleurait, parce qu’il devait affronter des parents “faibles” et a du devenir fort pour les soutenir, ou au contraire, il a eu des parents très durs, et il est devenu dur pour survivre. Parce qu’il a grandi dans un environnement social valorisant les forts et méprisant les faibles. Ou bien il a du devenir “adulte ” trop tôt, par exemple en allant travailler tôt pour gagner de l’argent pour sa famille.

9) Le médiateur

.

Le médiateur est plutôt facile à vivre, il ne s’impose pas, ne s’affirme pas, à tendance à se fondre dans la masse, à approuver tous les points de vue, ce qui fait de lui un bon médiateur. D’une tendance paresseuse, il aime son confort, se sentir bien, ne pas trop en faire et ne pas trop s’en faire. Il aime être tranquille et qu’on ne viennent pas lui demander ce qu’il pense, surtout s’il ne sait pas ce que les autres pensent avant. Il a peur de « braquer » les autres en s’affirmant et d’être au coeur d’un conflit : il préfère jouer le rôle de tiers médiateur, il s’y sent à l’aise. Il a l’air apaisé et les gens le trouvent apaisant, alors qu’il se sent troublé, souvent, à l’intérieur. Il cherche toujours à ce que les autres se sentent bien

Origine extérieure : selon cette approche, l’enfant devient « 9 » parce qu’il n’a pas eu sa place dans la famille, une famille peut-être conflictuelle, ou composé de fortes personnalités : il a préféré s’effacer et se fondre dans la masse, anesthétiser ses besoins, ses certitudes, et devenir « lisse », ne pas faire de « vagues ». Ne pas générer de conflits. Il se sent aimé s’il est en paix.

J’ai dressé succinctement un tableau de cette approche qui considère que c’est mon environnement dans l’enfance qui détermine mon type. Pour ma part, je trouve cette approche superficielle. Mon expérience sur ce cheminement intérieur, puis l’accompagnement que j’ai pu exercer auprès d’autres personnes, m’ont convaincu que les racines de notre « type » sont bien plus profondes. Cela est corroboré par ma très longue pratique auprès des enfants dans un accompagnement de proximité. J’ai pu étudier concrètement les modalités de fixation dans un type, et je souscris à l’origine innée de cette fixation.

VOIR LA SUITE: “LES IDÉES SACRÉES”

2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *