Le type 5: Description Générale

Je rappelle qu’« une description générale du type est forcément biaisée, chaque 5 est différent, et certaines généralités vont lui correspondre, tandis que dans d’autres, il ne se reconnaîtra pas. Les ailes rentrent en ligne de compte, le sous-type, mais aussi l’éducation reçue, les évènements de l’histoire, les mécanismes d’adaptation mis en place. Sans compter le niveau d’évolution au sein d’un type »

Tout cela colore l’expérience du 5 en question, et va le rendre très différent d’un autre 5. Mais ce qui reste fixe et ne bouge pas tout au long de la vie, c’est la motivation profonde, la compulsion de base qui va tout faire pour nous protéger de la rencontre avec notre blessure originelle. Quels que soient les ailes, les sous-types, les mécanismes d’adaptation acquis ultérieurement, ils tournent tous autour de cette fixation de base, cette compulsion primaire, et tous les 5 auront la même compulsion en commun.»

Donc se focaliser sur les comportements extérieurs du 5 est une impasse, car ils ne sont que des nuances d’expression d’un mécanismes profond, et c’est sur ce mécanisme profond qu’il faudra s’attarder.

Néanmoins, une description générale est nécessaire et va donner une idée du fonctionnement de ce type.

Je répète également que : « ceci étant précisé voici le portrait-type du 5 qu’il faudra nuancer pour chaque personne ».

Le 5 est « l’expert » de l’Ennégramme. C’est avant tout un intellectuel, (mais pas toujours) qui est toujours le spécialiste dans son domaine de prédilection. Il a une, deux, voire trois « niches » dans lesquelles il a accumulé un maximum de connaissances et de savoirs théoriques qui en font en quelque sorte la « référence ».

Mais il expérimente rarement. Il aborde ces disciplines « avec sa tête ». Souvent frugal, il a besoin de peu pour vivre : logement, nourriture, boisson, il peut vivre très sobrement, mais il accumule en contrepartie beaucoup de savoirs dans les domaines qu’il affectionne.

Il est souvent asocial mais cela sera nuancé en fonction de ses ailes. Certains 5, à l’excès, vivent en solitaire en se construisant une « tour d’ivoire », et l’érémitisme leur convient très bien. Une tour d’ivoire physique parfois, mais surtout un « refuge » dans leur esprit, qui leur sert de filtre entre eux et l’expérience du réel.

On le considère comme avare, réservé. Il est effectivement avare, parfois sur le plan matériel, mais essentiellement sur le plan affectif, notamment s’il sent une demande affective trop forte ou une intrusion dans son intimité, qu’il protège avec excès. Avare aussi sur le plan de ses connaissances qu’il distille au compte-gouttes.

En fait, il est surtout avare de son énergie qu’il a peur de dilapider. Il a besoin de savoir quelle quantité d’énergie vous attendez d’eux, de la mesurer avant d’entrer dans l’échange. Ce qui peut lui donner un côté « aride », sec émotionnellement.

C’est une personne sobre, autonome, savante. Objective et logique, en tout cas qui s’en convainc. Il est très discret, voire détaché, jusqu’à être secret. Il a un côté « inaccessible », lointain.

Il se crée une forteresse, une « citadelle » extérieure mais surtout intérieure.

Sa défense consiste à s’isoler du monde, il se retranche dans on esprit, il devient un « observateur » de la réalité, mais il évite d’être approché, touché par elle.

Il recule pour mieux l’observer, la comprendre ;

Il évite le vide : vide de connaissances, donc l’ignorance, dont il a peur. Et il évite à tout prix d’être « ignorant ». Vide de son énergie qu’il a peur de voir gaspillée. Vide surtout de son intériorité, qu’il ressent inconsciemment comme aride, sec, desséché. C’est ce vide qu’il tente d’éviter par sa tentative de se remplir de connaissances.

Mais ce vide est impossible à combler, car il y a toujours quelque chose de plus à savoir, ce qui génère manque et frustration. Il dépense alors une énergie phénoménale pour accumuler ces savoirs.

Il tend à protéger excessivement son intimité, il est coupé de ses émotions, ce qui rend les relations difficiles.

Il préfère la compréhension de l’émotion à l’émotion elle-même, les affects vont le déranger.

Il se coupe aussi de ses sensations, pour éviter d’expérimenter la réalité, toujours par peur d’être touché par elle : il refuse toute intrusion. A l’expérience directe du monde, il substitue la représentation du monde.

Il contrôle totalement ses sentiments, ce qui le prive de toute spontanéité. Il semble plutôt mécanique dans ses comportements, il va contrôler son discours : ce qu’il dit, comment il le dit, à quel rythme, sur quel ton, etc.

Il paraît « sans vie », sans émotion, dans ses attitudes, alors qu’il éprouve une vie émotionnelle forte. Il ressent des sentiments profonds mais il y substitue les concepts ; il se méfie de l’expression de ses émotions : il va s’en empêcher en public. Il semble alors froid, bien que cela ne concorde pas avec ce qu’il ressent ; il exprimera ses émotions quand il sera seul, dans son sanctuaire.

Il a alors l’air d’être peu affecté par la vie, les choses, les gens, et c’est le cas car il utilise la compartimentation : il va séparer ses émotions de la situation qui l’a générée, et il va la rationaliser. S’il est blessé par un proche, il va mettre cela dans un compartiment, oublier le lien entre la remarque et la blessure, et il finira par se dire que cette personne n’est finalement pas si importante à ses yeux, qu’elle ne l’a jamais vraiment été, sans faire le lien avec ce qui s’est passé. Ce qui fait qu’il ne semble pas affecté par ces situations.

Il compartimente en dissociant les émotions des souvenirs liés.

Le corps, de son côté, est laissé à l’abandon, il est un objet d’étude éventuellement (le 5 est parfois attiré par la médecine), mais il est déconnecté de ses sensations corporelles. L’esprit prime sur le corps et doit le contrôler, comme l’émotion. Il est souvent assez chétif, très mince, mal à l’aise avec son corps, mal à l’aise dans les disciplines sportives et les activités physiques.

Il s’enferme dans son esprit et prend le risque de s’interdire un véritable « éveil » sur le plan spirituel. Il « sait », mais il ne « connaît » pas, connaître implique une expérience, « naître avec », et sa compréhension est « hors sol ». Elle est désincarnée.

Il va facilement se croire arrivé à un certain « éveil », parce qu’il a tout compris et sait l’expliquer, mais coupé du sentiment dont l’ouverture est nécessaire pour un éveil véritable. Cela est vrai surtout s’il pratique la méditation, qui ne fait qu’entretenir son mécanisme de retrait en son esprit. Certains enseignements tibétains parlent de « retraite de l’esprit », probablement mis au point par un 5 !

Il privilégie la réflexion et la méditation à l’action, alors qu’il a besoin de l’inverse. Et s’il doit agir, il envoie son esprit en « éclaireur », à la découverte du territoire, pour l’appréhender en pensée dans ses moindres recoins, pour se rassurer et se sentir prêt à y descendre réellement. Il n’est jamais assez prêt à son goût. La surprise est donc très malvenue pour un 5 !

Il passe bien plus de temps à préparer son action dans le monde qu’à agir. Il évite si il le peut. S’il doit, il se préparera en esprit, et se dira que quand il saura suffisamment de choses sur ce domaine d’action, alors il pourra y aller. Mais il ne se sentira jamais assez « prêt » ;

S’il doit faire un stage sur l’Ennéagramme, il lira tous les livres possibles avant pour comprendre où il met les pieds et avoir l’impression de connaître avant d’y aller. Afin de se sécuriser.

Il évite les mondanités et les discussions de salon, ennuyeuses pour lui, trop superficielles. Ces discussions frivoles lui font perdre son temps, et en plus, avare de ses connaissances, il ne souhaite pas forcément les partager. S’il le fait, ce sera comme un cours magistral, et non une discussion. Avare de son énergie, ainsi que de son temps, il préfère les utiliser à d’autres fins plus instructives.

Cette avarice d’énergie, essentiellement, donc découle le reste, est due à son impression d’en manquer cruellement ; il a l’impression de disposer d’une très petite quantité d’énergie qu’il risque de dilapider ; et s’il la dilapide, il se retrouve face à ce vide intérieur, aride,dont nous avons parlé. Vide qu’il évite à tout prix. C’est un type de « peur », et c’est donc la peur qui gouverne ses comportements : peur d’être ignorant, incompétent, peur de perdre ses connaissances et son énergie, et derrière tout cela, peur du vide.

S’il fait état de ses connaissances, il préparera à l’avance et ce sera un véritable exposé, structuré, compartimenté, logique. Ce qui fait de lui un bon pédagogue ; quand il accepte de partager ses connaissances, et ce sera toujours une partie de ce qu’il sait. Il a peur de perdre sa compétence s’il partage tout ce qu’il sait. Et il ne partage que s’il est absolument sûr de ce qu’il avance. Et il vérifiera par lui-même ou auprès des personnes « autorisées » ce qu’on lui avance.

Il s’intéressera surtout à des domaines mal connus, voir inconnus ou nouveaux, car il cherche à découvrir des choses encore méconnues. Comme Freud avec la psychanalyse, probablement un 5 par la grande découverte qu’il a faite, et par la nature de cette découverte : compréhension d’un domaine inconnu, le psychisme, et la compartimentation de ce psychisme : moi, surmoi, ça, subconscient etc. Il peut être attiré même par l’occultisme (car comme son nom l’indique on parle des choses cachées, inconnues) qu’il verra comme une « science » et il démontrera que c’en est une. Il souhaite devenir « l’expert », la « référence » dans son domaine.

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