Le type 4: “Relations et Activités”

Suite de l’article: “Le type 4: Description Générale”

Sur le plan relationnel, il est toujours en quête d’intensité, c’est un romantique par excellence ! Il est toujours dans l’attente, douloureuse mais intense, de l’être qui comblera le manque qu’il éprouve, qui le comprendra et comprendra ce qu’il vit.

Son identité est bâtie sur sa différence, son originalité, son manque et l’intensité de sa souffrance.

Il se sent toujours incompris : « je souffre plus que les autres, plus intensément, plus profondément ; ils ne peuvent me comprendre, je suis si différent ! ».

Il se complaît dans sa souffrance, fondation de son identité. S’il est extraverti, ou dans une phase active, il jouira de la joie, d’une joie tout aussi profonde, intense et puissante.

Il se mésestime lui-même de façon très dure, mais il compense cette mauvaise image de lui-même par la création d’une image idéalisée de lui-même : un « moi » idéalisé, basé sur ses fantasmes et son imagination. Mais l’inadéquation de ce qu’il vit avec cette image idéalisé, intériorisée, le conduit à encore plus de souffrance et de culpabilité.

Comme il s’ennuie dans l’ordinaire, le banal, il idéalise également le futur, ce qui n’est pas encore là : en un mot, ce qui manque. La personne, l « âme-sœur » qui l’attend au coin de la rue, qui lui fera vivre des émotions très intenses, passionnelles, et qui le comblera ! Il aime les séparations qui annoncent de grandes retrouvailles, donc il apprécie beaucoup les relations longues distances, ou les relations orageuses, faites de ruptures, car la séparation lui permet de vivre dans l’attente idéalisée des retrouvailles ou de la réconciliation qui seront intenses.

En même temps, il dévalorise et fuit le présent : il voit tout ce qui lui manque ! Toutes ses imperfections dans ses relations ; et ces « choses » qui lui manquent, qu’il ne sait poas très bien définir, il les voit chez les autres. Cela génère la « passion » de ce type, au sens de « maladie de l’âme » : l’envie.

Il éprouve beaucoup d’envie de ce que les autres ont, et que lui, n’a pas ; et il les projette dans un futur idéal, vers lequel il tend.

Mais si par hasard ce futur se réalise, soit il sera complètement désillusionné, et se projettera vers un autre futur idéal, soit il rejettera l’objet de son désir, de peur d’être abandonné par lui. Il répète ainsi cet abandon qu’il fait tout pour éviter.

Tourné vers ce qui lui manque, déçu de ne pas l’avoir, il se retrouve déçu quand il l’obtient…

Car son identité est fondée sur ce manque, il se saurait accepter de le combler sans perdre son sens de ce qui le définit.

Un des aspects qui génère également cet abandon est qu’à force de tout dramatiser, il lasse son entourage, souvent désemparé face à ses mouvements émotionnels difficiles à suivre. Qui finira par le quitter. D’autant plus que se sentant « différent », « plus sensible », « plus profond », « plus authentique », il fait souvent preuve de dédain envers les autres, et affiche un sourire narquois révélant un sentiment de supériorité.. De façade, mais perçu par l’entourage. Une attitude hautaine ou retranchée l’isole des autres. Sans compter le processus de projection la honte sur autrui.

En, effet, l’émotion de base qui sous-tend le reste est un profond sentiment de honte, profondément refoulé, et parfois projeté sur les autres : par des « piques », des attitudes, des remarques subtiles, il parvient, surtout le type « actif », à générer chez autrui cette honte qu’il refuse d’éprouver.

De plus, il est souvent tenté de rejeter l’autre idéalisé, de fuir la relation pour se permettre de garder une image idéale de la relation, avant que cette idéalisation ne vole en éclat. Surtout il craint d’être vu dans ses manquements, ses déficiences, derrière le moi idéalisé qu’il présente, et d’être alors abandonné. Rejouant cet « abandon originel » subi parce qu’il n’étais pas « comme il faut ».

Ses relations sont « jouées », donc finalement superficielles et non authentiques, pas naturelles. Il cherche ainsi à idéaliser la relation, mais cette idéalisation de la relation, et de l’autre, entraîne fatalement une chute vertigineuse lorsqu’il est rattrapé par la réalité, qui à son tour réveille son sentiment de manque.

Il ne se livre pas, car il a peur du jugement. C’est paradoxal car il éprouve un besoin d’authenticité, il va « fouiller » le jardin secret de l’autre, mais ne le laissera pas entrer dans le sien.

Habitué à une souffrance aiguë, cela le rend très sensible à la souffrance des autres, il sait alors faire preuve de compassion et de compréhension et d’écoute pour les douleurs des autres. Ce qui est nourri, du reste, par sa recherche d’émotions intenses.

Il peut être profondément blessé par son entourage, notamment par les manquements de celui-ci, comme l’oubli de son anniversaire, ou une attitude de rejet.

Aimant le drame et l’intensité émotionnelle, il va alors entretenir ses blessures passées, ainsi que son statut de « victime en souffrance » ; il va se plonger lui-même dans une rancune perpétuelle dont il lui sera difficile de sortir.

En raison de sa mauvaise estime de lui-même, il va tenter de chercher à l’extérieur cette estime qui lui manque : en s’habillant avec goût et originalité, dans la décoration de sa maison, etc…mais surtout dans la création de ce moi idéalisé de lui-même, pour lui-même : plus profond, authentique, sensible, souffrant, que les autres…

– Concernant ses activités, il est souvent orienté vers des professions artistiques, qui lui permettent d’exprimer sa créativité. Mais la réussite lui échappe souvent, en raison de sa mésestime de lui-même et de sa tendance à reproduire la rupture, l’abandon, et à entretenir sa souffrance qui lui donne son identité.

Il a besoin d’excitation, et il a tendance à ne pas aller au bout de ses projets : il refuse la routine, s’ennuie dans l’ordinaire, exècre les tâches rébarbatives. Mais il peut créer du beau à partir du quotidien, de l’extra-ordinaire à partir de l’ordinaire.

Et il peut rester focalisé sur un projet s’il est motivé, s’il y trouve de l’excitation, du plaisir (un peu comme le type 7)

Il n’aime pas les professions intellectuelles : il se méfie de l’intellect et lui préfère l’intuition, plus « personnalisée ».

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Il peut d’ailleurs s’orienter vers une activité de thérapeute, étant une véritable éponge pour les émotions des autres. Mais il ne peut prendre le recul nécessaire, il « fusionne » avec les émotions des autres, il les capte d’une manière surprenante, et peut être envahi par elles. Il va alors, dans certains cas, surtout chez les types plus actifs, avoir tendance à prendre du poids. symbole physique du poids psychique de ces émotions accumulées. Il rejoint ici le type 9, disposant des mêmes antennes, mais pour capter l’ambiance intérieure des autres et du groupe, et qui va aussi prendre du poids comme conséquence de ce fardeau.

Dans son travail comme dans sa vie, il n’aime pas les contraintes, il est même suspicieux envers elles, car elles vont à l’encontre de sa personnalité, elles posent une limite à son expression ; les normes sont l’ennemi de sa créativité et donc de son originalité.

Il risque d’y perdre son identité. Or, en épanouissement, il se dirige vers l’énergie du 1, plus rigoureux, capable de se mettre ses propres contraintes. C’est en réalité de cela dont il a besoin. Et c’est cela qu’il fuit.

Il va souvent changer d’identité au cours de sa vie, par imitation. Il va en effet intérioriser les qualités qu’il perçoit chez les autres, réelles ou imaginaires, et tenter de s’y conformer.

Comme son identité est fondée sur les émotions, il ne connaît pas vraiment sa véritable identité derrière ce magma d’émotions intenses et bouillonnantes à l’intérieur. Qu’il contacte souvent dans son introspection, filtre entre sa conscience et ce qu’il est vraiment. Construire un « moi » stable quand notre identité est basée sur des émotions constamment fluctuantes est très difficile. Le 4 va alors séparer ses émotions : il va en entretenir certaines, qui correspondent à l’idée qu’il a de lui-même, et en réprimer d’autres, qui ne collent pas à cette identité. Et il se croit ainsi « authentique ».

Voir la suite dans: “Le type 4 et la spiritualité”

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