Le type 5 et la spiritualité

Suite de l’article: “Le type 5: relations et Activités”

Le type 5 doit faire face à certaines problématiques particulières en matière de spiritualité.

Il rencontre un écueil difficile à dépasser ; le « détachement ». Présenté comme une vertu sur de nombreuses voies spirituelles, pour ne pas dire sur toutes, il est justement l’un des moyens de défense et de compensation privilégié du 5. Sobre, frugal, se contentant de peu pour ne pas se faire envahir.

Donc il a des chances de se croire déjà « éveillé » parce qu’il a développé un « fruit » de l’ascèse spirituelle : le détachement. En fait son détachement cache un attachement plus grand, et une peur : il a peur de perdre ce qu’il pourrait avoir, et il préfère se priver (d’objets, de relations, etc.) plutôt que de subir la perte, qui pourrait réactiver le vide qu’il fuit. De plus, il est particulièrement attaché à ses connaissances et son énergie qu’il protège jalousement.

Comme nous l’avons vu dans les articles précédents, il peut développer une grande compréhension intellectuelle de la voie choisie. Il aura une acuité de compréhension, aura fait le tour de la question, mais dans sa tête, et il pourra même enseigner et faire de grands discours profonds, structurés, détaillés, que les autres auront parfois peine à comprendre tellement ils seront pointus. Mais il n’aura pas été « transformé » car c’est par une pratique incarnée que la transformation peut s’opérer et permettre une évolution.

Un « bouddha non illuminé » selon les termes d’Helen Palmer.

Tôt ou tard, il sera rattrapé par ses failles et ira prendre les énergies basses du 7, il se dispersera, deviendra irrationnel et orgueilleux, voire imbu de sa personne et de son statut.

S’il involue, il peut devenir égocentrique et s’isoler de plus en plus. Sa concentration intense sur un sujet privilégié est une fuite des réalités plus concrètes et des problèmes à affronter. Il cherche la sécurité mais il ne peut la trouver, car le problème évité est toujours là et va revenir frapper à la porte. Il compense alors cette insécurité par une accumulation de matériel intellectuel, entretenant le cercle vicieux.Et comme il n’apprend pas à entrer en relation, il ne développe pas ce savoir-faire, et il s’enferme de plus en plus.

Pour évoluer, il va devoir réintégrer son corps, nouer le contact avec son instinct, ses sensations, sa vitalité. Il lui faudra sortir de son sanctuaire intellectuel pour visiter le corps. Il ira s’épanouir dans le type 8, son type d’intégration, dont il revêtira les qualités élevées. Il pourra s’affirmer dans le monde, et même devenir un leader.

Les pratiques corporelles sont bien plus conseillées que la méditation, enfermante pour un 5, qui accentue son problème: isolement et retrait dans son esprit.

Il s’enferme dans son esprit et prend le risque de s’interdire un véritable « éveil » sur le plan spirituel. Il « sait », mais il ne « connaît » pas, connaître implique une expérience, « naître avec », et sa compréhension est « hors sol ». Elle est désincarnée.

Il va facilement se croire arrivé à un certain « éveil », parce qu’il a tout compris et sait l’expliquer, mais coupé du sentiment dont l’ouverture est nécessaire pour un éveil véritable. Cela est vrai surtout s’il pratique la méditation, qui ne fait qu’entretenir son mécanisme de retrait en son esprit. Certains enseignements tibétains parlent de « retraite de l’esprit », probablement mis au point par un 5 !

Il a tout intérêt à pratiquer le yoga, le Qi Gong, le Tai Chi Chuan ou les arts martiaux.

Plus il évoluera, plus les savoirs accumulés laisseront place à la connaissance véritable, qui vient d’ailleurs, plus globale, plus intuitive, ce qu’on appelle la « claire vision ».

Le « détachement » compulsif laissera place au « non-attachement ». Il acceptera de jouir des choses de ce monde, mais aussi de prendre le risque de les perdre. Il ne réprimera plus ses émotions ; il sera désidentifié de ses idées ; il relativisera alors les vérités accumulées et les certitudes qui le rassuraient ;

Il acceptera de passer du fait de comprendre la vie, à celui d’être touché par la vie.

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