Le type 6: Description Générale

Je rappelle qu’« une description générale du type est forcément biaisée, chaque 6 est différent, et certaines généralités vont lui correspondre, tandis que dans d’autres, il ne se reconnaîtra pas. Les ailes rentrent en ligne de compte, le sous-type, mais aussi l’éducation reçue, les évènements de l’histoire, les mécanismes d’adaptation mis en place. Sans compter le niveau d’évolution au sein d’un type »

Tout cela colore l’expérience du 6 en question, et va le rendre très différent d’un autre 6. Mais ce qui reste fixe et ne bouge pas tout au long de la vie, c’est la motivation profonde, la compulsion de base qui va tout faire pour nous protéger de la rencontre avec notre blessure originelle. Quels que soient les ailes, les sous-types, les mécanismes d’adaptation acquis ultérieurement, ils tournent tous autour de cette fixation de base, cette compulsion primaire, et tous les 6 auront la même compulsion en commun.»

Donc se focaliser sur les comportements extérieurs du 6 est une impasse, car ils ne sont que des nuances d’expression d’un mécanismes profond, et c’est sur ce mécanisme profond qu’il faudra s’attarder.

Néanmoins, une description générale est nécessaire et va donner une idée du fonctionnement de ce type.

Je répète également que : « ceci étant précisé voici le portrait-type du 6 qu’il faudra nuancer pour chaque personne ».

Le 6 est l’« anxieux » de l’Ennéagramme. Type central des types de peur, cette dernière est souvent beaucoup plus visible chez lui.

Là aussi, on retrouve une expression active de ce type et une expression passive.

Il existe deux grands types primaires de réaction immédiate face à un choc ou un danger dans la nature, donc face à une peur :

– l’agression

– la fuite

Si elles sont impossibles, cela entraîne une « inhibition de l’action », désastreuse pour l’organisme. Le règne humain dispose lui d’un autre mécanisme : la sublimation.

Ces deux attitudes face à la peur expliquent les deux variantes du type 6 :

Le 6 passif est dit « phobique », il est anxieux et la peur se lit souvent dans son regard. Il ne s’agit pas d’une peur viscérale ou émotionnelle, mais d’une peur mentale. Il scrute le monde à l’affût du moindre péril potentiel. Il a conscience de cette anxiété, et pense souvent qu’elle est partagée par tout le monde. Son mental imagine les pires scénarios qui pourraient arriver et se les tourne en boucle, il cherche ainsi à s’en prémunir. Mais il les vit finalement par anticipation.

Le 6 « actif » est « contre-phobique », il va affronter ses peurs directement. La peur est beaucoup moins palpable. C’est un véritable casse-cou qui se met volontairement en danger pour se prouver qu’il n’a pas peur.

Il donne en général beaucoup de soucis à ses parents, ses proches, etc. Il est difficile à distinguer du 8.

Mais au final c’est plutôt une forme de déni, car il sait, au fond, qu’il a peur et cherche à se prouver l’inverse.

Dans les deux cas, la peur reste le moteur de l’action et de l’attitude d’un 6.

La plupart des 6 ont une attitude dominante, phobique ou contre-phobique, mais oscillent de l’une à l’autre selon les circonstances. Ils peuvent être phobique dans certains domaines et contre-phobiques dans l’autre.

Par exemple, un 6 peut être casse-cou et se met physiquement en péril, mais avoir peur dès qu’il tombe malade ou être constamment angoissé pour ses enfants.

Un proverbe adapté au 6 est le suivant : « Prie Dieu et attache ton chameau ».

On remarque ainsi deux extrêmes possibles dans ce type : le 6 passe de « trop prudent » à « trop casse-cou » ; « trop craintif » à « trop confiant », etc.

Il est aussi le type central de la triade mentale, celui chez qui le mental tourne en boucle et le coupe de sa guidée intérieur, il doute constamment de ses pensées et de ses jugements sur la vie et ce qu’il doit faire.

Ce mental obsessionnel l’empêche souvent de dormir, et s’il parvient à s’endormir par fatigue, il suffit qu’il se réveille en pleine nuit pour que les pensées tournoient de nouveau, il sait qu’il ne redormira pas avant plusieurs heures. Attention, cela est vrai aussi pour le 9 ponctuellement : quand , en situation de stress, il se dirige justement vers le 6.

Le 6 peut être décrit ou perçu comme pessimiste et méfiant, ne faisant pas confiance. Mais en même temps, il peut être vu comme « sans peur », affrontant des dangers extrêmes en raison de la polarisation particulière du 6 (phobique et contre-phobique). Et il peu faire confiance de manière exagérée quand il connaît bien une personne et a vu qu’elle en était digne.

Le 6 lui-même est particulièrement digne de confiance. Il est « loyal », responsable, fiable, bienveillant. Il peut se montrer tour à tout agressif ou chaleureux. Il est analytique et persévérant.

En fait, le 6 cherche en premier lieu la sécurité. Le 6 se sent profondément en insécurité. C’est pourquoi il va la chercher à l’extérieur de lui, dans l’obéissance et la loyauté à une règle, une loi extérieure : celle du clan, du groupe ou d’une ou plusieurs autorités qu’il a reconnues, etc.

En insécurité constante, il anticipe les dangers possibles : il dispose pour cela d’une sorte de radar. Son attention est entièrement focalisée sur les dangers encourus, réels ou surtout imaginaires. Il est alors à l’opposé de son voisin, le 7, éternel optimiste qui donne à tout un tour positif, le 6, lui, va donner à tout un tour négatif, menaçant.

Son sentiment d’insécurité vient de sa position centrale des types de « peur », type qu’il partage avec le 5 et le 7. Son moteur est la peur, qu’il soit phobique ou contre-phobique.

Il fait preuve d’une prudence excessive. Il se raconte des histoires menaçantes sur le monde, les situations et les gens.

Pour le 6, le monde est une jungle, où les plus forts mangent les plus faibles. Il partage cette vision inconsciente avec le 8, d’où les confusions possible. Sauf que si le 8 se range parmi les forts, le 6, quant à lui, se sent appartenir au groupe des faibles. Il a donc besoin d’un clan à qui obéir pour être en sécurité.

Il voit des complots partout, il y a toujours un ennemi caché qui lui veut du mal.

Il éprouve une crainte assez diffuse, tournée vers un avenir qu’il perçoit comme menaçant, de par sa nature inconnue et donc incertaine. Ce futur catalyse ses craintes : il peut s’agir d’un futur lointain, dans 20 ans, comme d’un futur très proche, dans 5 minutes. Le changement ou la nouveauté sont pour lui synonymes de dangers et il fait preuve ici d’une imagination fertile quant aux scénarios catastrophes qu’il échafaude, et ne parvient pas à élaborer ou simplement imaginer une version positive de cette histoire-catastrophe qu’il tourne et retourne dans sa tête.

Le type 6 est le plus loyal des ennéatypes : loyal envers ses amis, sa famille, son « clan », mais aussi ses valeurs, ses croyances etc.

Certains 6 sont des rebelles, des « rebelles sans cause », toujours prêts à revendiquer et s’opposer en discours. Il est souvent sceptique vis-à-vis de tout.

D’où son nom, parfois utilisé, de « loyal-sceptique ». On l’appelle aussi « lâche / aventurier », selon l’aspect phobique ou contre-phobique.

Sa loyauté peut aller jusqu’au fanatisme. Pourquoi ? Toujours parce qu’étant en insécurité, il a peur d’être abandonné par son groupe, son autorité de tutelle, sa religion, etc. Il se retrouverait alors sans soutien, donc en situation d’insécurité.

Son problème principal est son défaut de confiance en soi ; il n’éprouve pas de soutien à l’intérieur, alors il cherche ce soutien à l’extérieur, en s’appuyant sur une autorité extérieure, toujours à la recherche d’un territoire ferme sur lequel il puisse s’appuyer, son territoire interne étant mouvant et sans fondement. Une groupe, une croyance, une autorité, une institution, une religion, un syndicat etc.

Nous verrons pourquoi lorsque nous aborderons la notion d’idées saintes » ou « Idées Sacrées », mais nous pouvons déjà avoir un aperçu de ce thème ICI.

Il ressent une anxiété de fond, floue, qu’il essaie de rationaliser, ou d’en trouver des raisons concrètes, voire de les créer. Complot, croyances, etc. il scrute le moindre signe de détails qui pourrait lui prouver qu’il a raison de se méfier. Faits et gestes de son conjoint, ami, patron, collègue etc. Au final, il finira toujours par trouver ce détail qui justifie sa peur.

La polarité est très marquée dans ce type : on peut dire de lui tout et son contraire : il est fort et faible, peureux et courageux, n’a aucune confiance et a une confiance excessive, est agressif et bienveillant, croyant fanatique et sceptique ; il a des difficultés à prendre des décisions importantes et il refuse qu’on les prennent à sa place, il refuse d’être contrôlé et il ne veut pas prendre de responsabilité s, ce qui le rendrait visible.

A suivre: “Le type 6: Relations et Activités”

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