Le type 6: Relations et Activités

Nous avons étudié les caractéristiques générales du type 6 dans l’article précédent : « Le type 6 : Description Générale »

Les qualités de loyauté et de fidélité en font un partenaire digne de confiance, mais également très exigeant et parfois épuisant en terme de relations.

Sur le plan relationnel

Il se montre souvent craintif et suspicieux envers les personnes qu’il ne connaît pas, et là aussi il va se manifester sous une forme directe de crainte, repli, observation, s’il est sur le registre « phobique », ou au contraire par agressivité s’il est dans le registre « contrephobique ».

Il est toujours dans une certaine forme d’anxiété, d’inquiétude vis-à-vis de son entourage :

– soit une crainte d’un danger, d’une trahison venant de son entourage.

– soit une crainte d’une danger de l’extérieur qui menace son entourage.

Il cherche la sécurité et pour cela il doit se sentir inclus dans un « clan » et sous la protection d’une autorité extérieure (personne, croyance, « dieu », etc.). Il va mettre toute sa confiance dans ce groupe ou cette autorité, et il va les idéaliser. Il peut s’agir d’un conjoint, d’une religion, d’un syndicat etc.

Il va défendre coûte que coûte ce clan (même constitué de 2 personnes, un couple par exemple) contre toute attaque réelle ou supposée de l’extérieure. Connaissant sa tendance à projeter ou imaginer de mauvaises intentions, le risque est de couper de plus en plus ce groupe de l’extérieur, de générer une rupture, en tout cas en lui : « mon clan contre le monde ». car nous l’avons évoqué, pour le 6, « le monde est une jungle et il faut s’en protéger ; et inconsciemment je suis faible et j’ai besoin d’une protection ».

Il va en quelque sorte trouver son « identité » dans ce groupe. Plus précisément, comme il ne ressent pas ce soutien intérieur indéfectible de l’âme, il va se sentir sans fondement sur lequel s’appuyer, comme un terrain mou sur lequel il met les pieds, un sable mouvant ; il va alors chercher ce fondement à l’extérieur. Il le trouve auprès d’une figure de réassurance : autorité ou groupe.

A condition que ce terrain soit « ferme » : que les règles soient édictées, claires. Il lui faut une loi à laquelle se conformer, cela lui donne l’impression d’avancer enfin sur un terrain solide.

Il va s’enfermer lui-même dans un application rigide du « dogme » ; il rigidifie la règle.

Cette « double polarité » ambiguë se retrouve dans son attitude face à l’autorité :

– s’il se sent bien, sécurisé, il va faire preuve de souplesse, de bienveillance

– en revanche, s’il commence à percevoir des brèches et si son sentiment d’insécurité se réveille, il va devenir rigide, exigeant, obstiné, agressif.

Il peut alors se montrer dogmatique envers le règlement du groupe, du clan, qu’il va protéger à outrance.

Et la manifestation de cette problématique dépend du groupe en lequel le 6 a mis sa loyauté, et cela peut être très variable.

Par exemple un catholique convaincu exigera des fidèles qu’ils respectent scrupuleusement les règles et ne dévient pas des comportements exigés.

Un syndicaliste sera furieux si son collègue a négocié avec un patron.

Un père de famille qui mettra une grande pression sur ses enfants, une surveillance constante pour qu’ils respectent le code de conduite de la famille et ne dévient pas du comportement normatif issu des grands-parents.

Et il peut être très dur si quelqu’un « dévie », car le 6 fait tout pour éviter la « déviance », il en a peur. Il se montrera donc dur, obstiné, fermé, rejetant, méprisant.

Dans ses relations interpersonnelles, il est en général méfiant de prime abord, mais si il voit qu’il peut faire confiance à quelqu’un, il va tout faire pour garder cette relation. Il peut aller jusqu’à considérer la personne comme un guide (il cherche un soutien extérieur) à qui il demandera conseil presque constamment pour pallier ses incertitudes, ses doutes, son manque de confiance en sa guidée intérieure. Une sorte de « mentor » qui matérialisera le soutien qui lui fait défaut.

En couple, il a tendance à être fidèle, loyal, engagé ; ses relations de couple durent en général longtemps, comme ses amitiés. Sauf s’il se sent trahi ! Là, il y mettra un terme.

Sa source de motivation vient du groupe : elle tire son énergie de la peur d’être abandonné par le groupe, c’est pourquoi il évite à tout prix de dévier de la norme édictée, et de ne plus remplir les obligations et les attentes du groupe.

sur le plan des activités

Il va souvent s’engager dans des activités de « défense de la veuve et de l’orphelin ». Sa problématique de considérer le monde comme dangereux conjuguée à son besoin d’appartenir à un clan explique cette caractéristique qui n’est pas générale chez les 6, et dépend souvent du sous-type.

Comme le 3, il peut faire preuve d’une grande énergie dans ses activités, et même mener des projets colossaux, mais pas forcément pour son intérêt personnel ou pour prouver sa réussite comme le 3, mais par loyauté et service au groupe.

Par exemple, un 6 marié à une 3 qui souhaite montrer sa réussite peut bâtir une maison de ses mains pour elle, ou créer des entreprises florissantes.

Un 6 qui travaille dans une entreprise pourra faire des heures supplémentaires, ou mener à bien un projet difficile qu’on lui confie et y consacrer beaucoup de temps et d’énergie.

Mais en même temps, toujours cette ambivalence du 6, il va parfois se saboter lui-même et éviter la réussite. Il peut mettre un terme à un projet presque finalisé, la réussite le plaçant sous le feu des projecteurs, attire l’attention, notamment de la figure hiérarchique.

Rappelons-nous qu’il est pris entre deux pulsions contradictoires : la loyauté et l’obéissance à l’autorité d’un côté, et la suspicion à son égard et son désir de rébellion de l’autre.

Donc au sein du rapport avec cette autorité, il va constamment osciller en deux attitudes : obéissance à la norme et rébellion constante sur des points de détails, sans remettre en question l’autorité de manière substantielle.

Lorsqu’il se sent en sécurité, il va avoir tendance à se conformer à la norme ; dès qu’une brèche se fait sentir (une attitude de son patron, une décision qu’il ne comprend pas etc.), il va se sentir en insécurité et va se rebeller.

Ce qui en fait souvent un « rebelle sans cause », une personne qui se rebelle contre tout et rien, parce que manifestant simplement, pour l’extérioriser, un sentiment d’insécurité.

C’est parfois un idéologue qui a du mal à concrétiser ses actions, toujours pour les mêmes raisons. Surtout s’il a une aile en 5, cela lui donne un point commun avec le 5 : réfléchir mais ne pas agir. Bien que le 6 est beaucoup plus orienté vers l’action en général, cela peut simplement se manifester dans certains circonstances, notamment des circonstances qui « appuient » sur son insécurité intrinsèque.

Et le 6 déploie une énergie phénoménale, en opposition totale avec le 5.

C’est un très bon collaborateur, il est loyal, engagé, analytique, réfléchi, persévérant.

C’est le plus loyal de tous les types, ce qui en fait un bon second, un bon collègue. Il est de toute confiance sauf que son insécurité l’amène à s’opposer régulièrement, et peut l’amener à douter de plus en plus de son collègue ou de son supérieur, de son entreprise, etc.

Il éprouve, toujours en lien avec son ambivalence, une difficulté à prendre des décisions tout en refusant qu’on les prenne pour lui. Il refuse d’être contrôlé mais il a peur de prendre des responsabilités. Cela le mettrait en première ligne, encore.

Donc il ne veut pas, en général, avoir un poste de leader.

Mais il existe un mécanisme particulier chez les 6 surtout contre-phobique: s’il ne trouve pas le soutien escompté dans un domaine, la figure de soutien, il peut incarner lui-même cette figure d’autorité !

Il prendra alors une posture de « chef », et il ne s’agit pas forcément d’une preuve d’évolution, car n’éprouvant pas de fondement à l’intérieur ni à l’extérieur, il va créer artificiellement, à l’extérieur, dans son personnage et son rôle social, cette figure d’autorité.

Comme le note Sandra Maitri, « Il s’efforce d’affirmer cette autorité intérieure en se démontrant qu’il la possède par le pouvoir et l’influence qu’il exerce sur les autres. Il essaie ainsi de se sentir en sécurité (son piège) en étant révéré, craint et suivi par ses loyaux disciples ».1

Mais en générale, le 6 préfère une posture de service, voire de « second couteau », d’adjoint. Un adjoint de toute confiance.

Le 6 met beaucoup de temps et d’énergie dans son travail et ses activités : associations, syndicats, etc. pour renforcer son appartenance et ses liens avec le « clan », et afin d‘y trouver en retour le soutien espéré.

Il va nourrir le groupe social pour le faire croître, pour le maintenir, car il a besoin de ce soutien.

En même temps, en raison de son insécurité de base, plus il va s’y investir, plus il aura peur de la trahison et de l’abandon : « vais-je être trahi ? Va t-on profiter de moi ? M’abandonner si je travaille moins fort ? ».

Il a besoin qu’on prenne soin de lui. Que la figure ou groupe d’autorité prenne soin de lui et ne le trahisse pas. Et que cette figure d’autorité reste stable, ce qui est compliqué dans un contexte où tout est en perpétuel mouvement.

Ce qui pourra l’amener à des remises en questions et des prises de conscience, comme nous le verrons dans l’article suivant : « Le type 6 et la spiritualité ».

1 Sandra Maitri « Les 9 visages de l’âme »

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