Le type 8: Relations et Activités

Suite de l’article: “Le type 8: Description générale”

C’est sur ces domaines que la caractéristique principale du 8 sera visible : dans ses relations personnelles, familiales ou professionnelles.

– Sur le plan relationnel

Pour comprendre le fonctionnement du 8, il faut savoir qu’il s’est entièrement construit sur la blessure d’humiliation. Cela ne signifie pas qu’il a été humilié plus qu’un autre, mais comme nous l’avons vu dans la série d’articles sur le fonctionnement de la fixation, et notamment sur les Idées Sacrées (ICI), qu’il est beaucoup plus sensible à cette blessure et qu’il a donc été ultra-sensible aux évènements qui, dans sa perception, venaient appuyer sur cette sensibilité.

Et donc tout son mécanisme a pour fonction de l’empêcher d’être à nouveau humilié, et de se venger s’il se sent humilié pour éviter que cela se reproduise. Ce qui revient au même.

Donc il va constamment montrer sa force, chercher le conflit, l’affrontement.

Et il ne supporte pas les faibles, la faiblesse en général, et encore moins les injustes !

Il a souvent le regard dur, direct, sans peur. Il est franc, querelleur, vengeur, sans fioriture. Il ne fait preuve d’aucune forme de diplomatie ! C’est de l’hypocrisie à ses yeux, et il n’aime pas l’hypocrisie.

Il dit tout ce qu’il pense, tout ce qu’il a à dire, fait tout ce qu’il a à faire, sans détours. Sans tenir compte de l’opinion des autres à ce sujet.

Doué d’un fort esprit de contradiction, il va d’office dire « non » à toute personne, toute demande ! Outre le fait d’aimer le combat, il a aussi peur inconsciemment d’être abusé par les autres. Il se positionne toujours comme « celui qui a raison », et l’autre a tort. (Déformation de la « Sainte Vérité »).

Aucun double jeu avec lui, il est entier.

En ce sens, il peut vraiment servir de modèle à beaucoup de personnes qui se sentent inhibées et n’osent pas s’affirmer, et qui vont admirer ce courage, cette absence apparente d’inhibition. Mais ce n’est pas totalement vrai : s’il laisse libre cours à sa colère et à ses émotions « violentes », il est totalement inhibé par rapport aux émotions « douces », ainsi qu’à toute forme de fragilité, qu’il réprime.

Ses relations, il les appréhende sur le mode du conflit, de l’affrontement. Il a toujours l’air d’être prêt à se battre. S’il estime qu’il doit y avoir un conflit, il le réglera toujours par la force, pas par la discussion apaisante ou la diplomatie. Et s’il se trouve blessé dans ce conflit, alors il voudra punir l’autre.

Il n’hésite pas à « faire mal » aux autres, car lui-même est prêt à ce qu’on lui « fasse mal ». Alors il rentre dedans. Et il va trouver directement le cor au pied le plus sensible chez chacun ; et il va appuyer dessus sans vergogne. Il va alors observer les réactions de son « opposant », et se réjouir s’il l’a blessé.

Un 8 que je connais, comme je l’expliquais dans l’article précédent, a rencontré une thérapeute lors d’un dîner. Peu respectueux de ces « sciences molles », et de ceux qui se prétendent capable d’aider les autres et d’avoir une influence sur eux, il a eu besoin de la tester. Il a rapidement démasqué son point faible et a réussi à la faire pleurer. Et il s’en est vanté.

M, Gurdjieff, un type 8, explique clairement dans son livre « La vie n’est réelle que lorsque « Je Suis », qu’il « détectait le cor au pied le plus sensible chez chaque personne » qu’il rencontrait et appuyait dessus très fort, pour voir comment la personne allait réagir. Qu’est-ce qui, dans son comportement, était faux, et qu’est-ce qui allait vraiment se manifester comme vertus réelles de l’être ?

Il a toujours envie de « secouer les mous, les molassons » !

Autant dire qu’un 8 est souvent assez isolé, il fait le vide autour de lui. De toute façon, traduit en langage de 9, il « n’aime pas trop qu’on vienne lui casser les pieds » ! Il peut parfois avoir tendance à vivre isolé, à la campagne, pour éviter ces casse-pieds.

Il n’a pas trop de remords à écraser l’autre parce qu’il ne se rend pas vraiment compte de son impact réel, de ce que l’autre éprouve, car lui-même réprime ces « faiblesses » en lui. Il est alors focalisé sur ces faiblesses chez l’autre, lorsqu’il est en « conflit », et ne voit plus que ça ; il en oublie l’humanité de la personne, et il la réduit à sa faiblesse.

Il « déshumanise » la personne, et n’éprouve plus aucun respect pour elle, surtout si il estime qu’elle s’est compromise et a fait preuve d’injustice.

Dans le même temps, paradoxalement, c’est un protecteur : des autres en général, et encore plus de son clan : sa famille, ses amis, etc. Il peut être très dur avec eux, mais ne laissera personne les menacer ou leur faire du mal.

Et si cela arrive, il passera en mode réactif, et voudra « venger » la personne abusée. La « vengeance » est le point crucial du 8.

Il va facilement prendre la défense de celui qui subit une injustice : le bouc-émissaire de l’équipe, d’un groupe, etc.

Comme le 6, il va spontanément défendre les opprimés, mais contrairement à lui, il n’a pas besoin d’une organisation pour cela : il va le faire souvent seul, directement. Il ne compte souvent que sur lui-même.

Il cherche toujours un responsable et souhaite qu’il soit puni. Il va facilement blâmer quelqu’un pour une injustice qu’il estime commise (avoir manqué de respect à son épouse mais ne pas avoir éteint la lumière du salon), l’accusant de sa faiblesse, le trouvant lâche ou hypocrite.

Il est animé d’un sentiment de vengeance qui est souvent dirigé, en premier lieu, contre ses parents, puis progressivement contre le monde entier.

Parfois il veut se venger sans réel affront ou sans réelle blessure, mais pour un affront ou une blessures simplement ressentis.

Il a donc peur des émotions qui pourraient le laisser vulnérable. Pour cette raison, il se ferme à ces émotions douces et ne montre pas ses sentiments : pas de gestes affectueux envers sa femme, ou ses enfants, ou difficilement.

Il s’attache difficilement, car cela le rendrait vulnérable, et il a d’abord besoin de tester le potentiel ami ! Et il va le tester par le conflit régulier.

Il n’y aura aucune douceur dans la relation, qui sera plutôt rugueuse, et il faut le prendre comme cela. Tout en l’encourageant quand il exprime des émotions plus douces.

Dans ce conflit, ceux qui lui résistent et ne se laissent pas faire auront son respect. Il va dédaigner ceux qui se soumettent trop vite ou trop facilement et accorder un grand respect à ceux qui se montrent pugnaces.

Donc confronté à un 8, il faut rester ferme dans ses positions et accepter l’affrontement pour obtenir son respect ou simplement pour qu’il cesse de vous chercher. Mais il ne faudra pas le blesser car il risque de passer sur le registre de la vengeance. Un juste milieu doit être trouvé. Force ET justice.

Il va en revanche se méfier lourdement des personnes qui se victimisent face à lui ; il trouve ça faible, hypocrite et le voit en plus comme une tentative de le manipuler et de le contrôler.

– Sur le plan professionnel et des activités

Il est plus solitaire que collaboratif, mais s’il en confiance en la personne et en sa combativité pour mener des combats pour la justice, il peut alors collaborer avec d’autres. On peut alors le trouver dans des organisations comme des syndicats, etc., mais cela peut être dur à vivre pour lui, il trouvera qu’on fait trop de compromis, voire de compromissions. Il sera souvent aigri à cause de l’attitude des autres membres.

Il est souvent débrouillard, parce qu’il ne veut rien devoir à personne. Il est très autonome.

Il est passionné par la vie, et c’est presque toujours une personne respectée, sinon crainte. Il est doué de bon sens et d’une grande aptitude à prendre des décisions, grâce à son côté très pragmatique et ancré sur terre. Il est magnanime, assertif, doué d’une grande confiance en lui.

Ce qui en fait un travailleur de qualité, souvent acharné, qu’il soit en position hiérarchique ou pas. Il tient ses décisions et projets malgré les adversités et malgré les opinions des autres. Il cherche constamment à être juste.

On peut lui confier une tâche, on sait qu’elle sera faite jusqu’au bout et avec sérieux.

Il a la sensation d’être le roc, le pilier sur lequel repose l’équipe. Ce qui est souvent le cas.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il ne cherche pas forcément un poste élevé ou de commandement. En réalité, il cherche le contrôle ! Il veut contrôler pour ne pas être contrôlé.

Ce contrôle, il va le chercher également au travail :

contrôle du timing : individuellement, il contrôle son temps en étant toujours très ponctuel, et collectivement, c’est lui qui donne et impose son rythme au groupe.

contrôle du travail : il veut être informé de tout, parfois jusqu’au moindre détail !

– il va chercher à devenir l’autorité juste et inflexible directement, en occupant un poste de responsable

– il va rechercher sinon le responsable hiérarchique qui aura ces qualités, qui sera à la hauteur de ses responsabilités ; qui sera juste et digne

Même s’il n’est pas en position de commandement, il sera toujours dans une forme de contrôle : il sera à l’affût pour scruter le moindre manquement de l’autorité en place, la moindre défaillance. Il le jugera alors défaillant et cherchera à prendre sa place. Si le chef est un mauvais chef à ses yeux, il sera vite démasqué et rabaissé.

Un 8 évolué est un très bon leader. Il garde le cap sur les objectifs quoi qu’il en coûte, et maintient la pression jusqu’au bout ; il n’abandonne pas en cours de route. Il fait preuve d’une très grande énergie dans son travail, c’est un modèle inspirant pour les autres. Il sait révéler les qualités de chacun et amener ses collaborateurs à se dépasser, les encourager à donner le meilleur. Il en est d’ailleurs un exemple vivant.

C’est un chef protecteur qui prend soin de ses collègues et collaborateurs, et qui les défendra dès qu’il seront en difficulté, ou menacés, quoi qu’il lui en coûte ; ses collègues et collaborateurs se sentent en sécurité sous sa direction.

Il est directif. Il est la personne idéale pour révéler un conflit latent qui couve dans dans une équipe, ou qui n’est pas réglé. Il va aller droit au but !

S’il est dans un niveau plus moyen ou dégradé, ou en situation de désintégration, il risque de devenir irascible, tatillon et pointilleux à l’extrême, dominateur, contrôlant, se mêlant de tout jusqu’au moindre détail.

On peut le trouver dans tout type de métier : ouvrier, jardinier, manager, enseignant, etc. pourvu qu’il contrôle la situation. Il sera « en charge de » et si possible pas « à charge de ».

Il privilégiera si possible les métiers de direction, les activités dans le sport, l’armée . Il est sensible aux sports d’opposition : boxe, rugby, etc.

Mais surtout pas dans les métiers qui demandent de la diplomatie, ou des capacités de négociation. Il ne le peut pas.

Également, on le trouve peu dans des métiers qui exigent beaucoup de patience et de compréhension, comme le travail dans le milieu social (éducateur, assistante sociale, etc.). Il peut toutefois y exercer sa patience, et représenter un pilier sécurisant pour les personnes qu’il accompagne.

Le point de vigilance est son côté « rebelle » face à l’autorité qu’il scrute et qu’il réprimande si cette autorité ne conduit pas la barque comme lui l’entend. Cela peut être productif et source de remise en question pour la personne mise en cause, mais peut aussi être une grande source de blocage s’il ne comprend pas le mode de gestion du leader, et il risque de se buter et d’être en constante opposition, entraînant les autres avec lui.

Pour lire la suite: “Le type 8 et la spiritualité”

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